☆ Chronique « Mon Mari » de Maud Ventura ☆

Elle, elle aime le lundi. Le lundi, c’est bleu. Bleu royal, bleu marine, bleu nuit, bleu égyptien ou bleu saphir. Le bleu, c’est pratique, économique et motivant.
En revanche, le mardi, c’est mauvais. C’est un jour belliqueux. Le jour de Mars, le dieu de la guerre. Il n’y a rien d’étonnant à ce que sa couleur soit le noir.
Le mercredi, c’est orange, comme les clémentines.
Le jeudi, c’est jaune.
Le vendredi, vert.
Le samedi, rouge.
Et le dimanche, blanc. Le résultat de toutes ces couleurs.

Sa semaine, elle lui apparaît comme un arc-en-ciel où la couleur du jour annonce la couleur de sa journée. Journée, soirée, vie entière qui ne tourne autour que d’une chose : son mari.

« Mon mari », deux mots qu’elle ne se lasse pas de prononcer. Son mari, elle l’aime. Il est beau et intelligent. Il est son point de comparaison, son centre gravitationnel. Mais elle a peur d’une chose : que son mari la quitte. Alors elle analyse tout. Sa gestuelle, le choix de ses mots, la façon qu’il a de parler à leurs enfants… Elle fouille de partout. Ses poches. Ses notes. Ses mails… Elle note tout. Ses fautes, ses écarts. Les punitions à lui infliger…

Car si elle aime son mari de façon inconditionnelle (et démentielle), elle tient malgré tout à ce qu’un équilibre demeure entre eux. Œil pour œil, dent pour dent. Du bleu au blanc, au rythme des couleurs, on découvre avec délice jusqu’où sa folie amoureuse l’a conduite. 

« Je déjeune avec une collègue que j’apprécie. On parle de nos élèves (c’est intéressant), de nos maris (c’est le moment que je préfère), de nos enfants (la conversation perd immédiatement en intérêt). »

☆ . ☆ . ☆

Mon avis :

Ce qui est le plus troublant dans cette histoire, c’est la facilité avec laquelle on s’identifie à l’héroïne dès le début du roman. Pour ma part, je n’ai pas pu m’empêcher de comparer ma vie à la sienne. Et bizarrement, elles se rejoignaient sur beaucoup de sujets… 

Jusqu’à un certain moment où je me suis dit que non ! NO WAY ! On ne se ressemble pas du tout. CETTE NANA EST COMPLÈTEMENT TARÉE ! Si un jour, j’atteins ce niveau de maladie mentale, faites-moi interner. 

Elle est éperdument « focus » sur son mari. Rien d’autres compte. Pas même ses enfants (c’est lui qui en voulait, pas elle. Elle les a faits pour lui). Et tout ce qu’elle fait, que ce soit en bien ou en mal (et elle en fait des vilaines choses la coquine), est justifiée. C’est évidemment pour l’équilibre de son couple et le bien-être de son mari. 

Bref, plus on avance dans le récit, plus on s’enfonce dans la folie de l’héroïne, plus on découvre ses manies absolument tordues. Et là où l’auteure est très (très très très) forte, c’est qu’elle nous oblige à revoir régulièrement notre point de vue au regard des nouvelles informations… Et ce, jusqu’à la fin. 

Franchement, chapeau l’auteure ! 

Maud ♡ petit coeur pour toi.

Ma note : ☆☆☆☆ /5 – Cette auteure est carrément barrée, j’adore !

☆ . ☆ . ☆

Infos maison d’édition

Auteur : Maud Ventura // Editeur : L’iconoclaste

Genre : Roman // Parution : Août 2021 // Nombre de pages : 351 pages

Quatrième de couverture :  C’est une femme toujours amoureuse de son mari après quinze ans de vie commune. Ils forment un parfait couple de quadragénaires : deux enfants, une grande maison, la réussite sociale. Mais sous cet apparent bonheur conjugal, elle nourrit une passion exclusive à son égard. Cette beauté froide est le feu sous la glace. Lui semble se satisfaire d’une relation apaisée : ses baisers sont rapides, et le corps nu de sa femme ne l’émeut plus. Pour se prouver que son mari ne l’aime plus – ou pas assez – cette épouse se met à épier chacun de ses gestes comme autant de signes de désamour. Du lundi au dimanche, elle note méthodiquement ses « fautes », les peines à lui infliger, les pièges à lui tendre, elle le trompe pour le tester. Face aux autres femmes qui lui semblent toujours plus belles, il lui faut être la plus soignée, la plus parfaite, la plus désirable.

On rit, on s’effraie, on se projette et l’on ne sait sur quoi va déboucher ce face-à-face conjugal tant la tension monte à chaque page. Un premier roman extrêmement original et dérangeant.

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