☆ Chronique « Trancher » d’Amélie Cordonnier ☆

Résumé :

« Des pages et des pages de notes. Tu as noirci des centaines de lignes de ses mots à lui. Pour garder une trace, tenter de les désamorcer, avec le pathétique espoir qu’ils aillent s’incruster ailleurs qu’en toi. »

Cela faisait des années qu’elle croyait Aurélien guéri de sa violence, des années que ses paroles lancées comme des couteaux n’avaient plus déchiré leur quotidien. Mais un matin de septembre, devant leurs enfants ahuris, il a rechuté: il l’a de nouveau insultée. Malgré lui, plaide-t-il. Pourra-t-elle encore supporter tout ça? Elle va avoir quarante ans le 3 janvier. Elle se promet d’avoir décidé pour son anniversaire.

D’une plume alerte et imagée, Amélie Cordonnier met en scène une femme dans la tourmente et nous livre le roman d’un amour ravagé par les mots.

« Tu t’es traînée ton mal de vivre en bandoulière, comme un sac à main. Tu l’avais choisi grand, alors autant le remplir un max. Il était plein à craquer de ses insultes, de ton chagrin, de tes peurs, et pire encore de mille regrets. Tu te sentais misérable et malheureuse comme les pierres. C’était les « larmes aux paupières, au jour qui meurt, au jour qui vient ». Et tu avais souvent envie que le jour ne revienne pas. »

☆ . ☆ . ☆

Mon avis :

Le thème : Les violences psychologiques au sein du couple.

C’est le deuxième roman traitant de ce sujet que je lis en peu de temps. Le premier : « Dans la maison rêvée » de Carmen Maria Machado fut un incroyable coup de coeur. Le second : celui dont je vais vous parler aujourd’hui – « Trancher » d’Amélie Cordonnier – moins volumineux et métaphorique est tout autant percutant et incisif.

Souvent avant d’écrire un avis, je vais voir les définitions des mots composant le titre. Cela me donne en général un bon point de départ pour écrire ma critique. Pour cette dernière, ce sera plus que cela, ce sera mon point d’appui.

Trancher verbe transitif

Sens 1 : Séparer quelque chose en deux (= la cassure du couple) ou le détacher d’un tout d’un seul coup (= la brisure de la famille), avec un instrument (= les mots, les insultes).

Sens 2 : Interrompre brutalement le cours, la continuité de quelque chose (= mettre fin soudainement à l’unité, l’insouciance, au bonheur).

Sens 3 : Résoudre une question, régler une difficulté, etc. par une décision énergique et définitive (= subir ou agir, rester ou partir).

Avec précision, Amélie Cordonnier nous plonge dans son cercle vicieux fait de résignation, d’espoir et de déception … de résignation, d’espoir et de déception … à ne plus en finir.

On survit avec l’héroïne. On étouffe avec elle. On rage avec elle.

Tout au long du roman, on a qu’une envie : lui crier de prendre ses enfants et de se sauver… et puis arrive la fin, surprenante sur le coup, mais tellement prévisible après coup.

Un petit bijou de réalisme qui ne met pas en lumière uniquement la violence, mais également l’emprise du bourreau sur sa victime et la difficulté pour elle d’en sortir.

Ma note : ☆☆☆ /5 – Un petit roman maîtrisé qui se lit vite et bien.

☆ . ☆ . ☆

Infos maison d’édition

Auteur : Amélie Cordonnier
Editeur : Flammarion
Editeur version poche : J’ai Lu
Genre : Roman psychologique
Parution : Août 2018
Nombre de pages : 159 pages

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